r Alter Ego
Nicolas Charlet, Bruno Lavaine, France, 2026o
Alex a un problème : son nouveau voisin est son sosie parfait. Avec des cheveux. Un double en mieux, qui va totalement bouleverser son existence.
Figures incontournables de la culture de divertissement française des années 2000, le duo formé par Nicolas et Bruno commence leur carrière à la télévision. À la fin des années 1990, ils percent sur la chaîne française Canal+ avec leur série de sketches Message à caractère informatif, révélatrice de leur talent pour le remontage et doublage de films d’archives et de leur humour décalé. Au cours des années 2000, ils font leurs débuts au cinéma, signant notamment le long-métrage culte À la recherche de l'ultra-sex, montage absurde d’extraits de films érotiques diffusés sur Canal+. Après une pause de dix ans, les voilà qui font leur retour sur le grand écran avec une comédie bouffonne, Alter ego. Père de famille et propriétaire d’un pavillon dans quelque zone périurbaine, Alex Floutard (Laurent Lafitte) tombe des nues le jours où son nouveau voisin emménage: il s’agit de son sosie parfait, au sens littéral du terme. Car Axel Chambon cumule toutes les qualités qui font défaut à Alex, à la fois drôle, sportif et couronné de succès au travail. L’inquiétante étrangeté de la situation est accentuée par le fait que personne, mis à part Alex, n’est frappé par cette ressemblance. Incompris de sa femme (Blanche Gardin), Alex se retranche dans une hostilité teigneuse envers son voisin, d’une amabilité à toute épreuve. À partir de cette idée prometteuse, le motif du double comptant parmi les thèmes cinématographiques par excellence, les réalisateurs enchaînent des sketches individuellement réussis, mais leurs limites en tant que scénaristes se font sentir: le récit se développe par accumulation d’épisodes cauchemardesques, sans suivre de véritable évolution. Il n’empêche que Laurent Lafitte et Blanche Gardin donnent amplement la mesure de leur talent, tou·tes deux à l'aise dans le registre farcesque cultivé par Nicolas et Bruno, auquel se mêle un soupçon d’angoisse existentielle. Car si cette histoire de double ne procure pas de sueurs froides, elle sait donner le vertige.
Emilien GürGalerie photoso
