Mein Freund Barry
Markus Welter, Suisse, Allemagne, 2026o
Au milieu des montagnes suisses, Georg, douze ans, échoue chez les moines du col du Grand-Saint-Bernard. Tout est nouveau pour lui: le froid, le silence et la vie monastique inhabituelle. Mais Georg découvre rapidement que cet endroit particulier regorge de petits miracles. Lorsqu'il trouve un chiot sans défense, une profonde amitié naît entre eux. Georg élève Barry en secret et vit avec lui des moments inoubliables. Mais lorsque Georg risque de perdre son fidèle compagnon, il rassemble tout son courage et se lance dans une grande aventure.
Le saint-bernard Barry, qui vécut de 1800 à 1814 à l’hospice du Grand-Saint-Bernard, aurait sauvé quarante personnes des dangers de la montagne avec son petit fût de schnaps autour du cou. Ce récit fait partie intégrante de la mythologie nationale helvétique autour de l'abnégation courageuse des montagnards. Aussi le soi-disant véritable Barry est-il, encore de nos jours, exposé au Musée d'histoire naturelle de Berne. Il paraissait donc inévitable que l'industrie cinématographique suisse, à la suite des studios Disney en 1977 et de Richard Pottier en 1949, s'empare aussi de l’histoire de ce brave animal. Une seule ombre au tableau: autour de Barry gravite bien une ou deux légendes, mais pas vraiment d'histoire à proprement parler. Il aura donc fallu inventer de toutes pièces le destin d'un orphelin bernois de l'époque napoléonienne, qui, avec son grand frère, souhaite traverser le col de 2’469 mètres du Valais vers l'Italie juste avant l'hiver, mais reste bloqué à l’hospice pour cause de maladie. Il y est engagé comme garçon de cuisine par les responsables religieux, et élève lui-même un petit saint-bernard malade jusqu'à en faire un robuste chien de montagne. S'ajoutent à cela l'amitié avec un dresseur de chiens marocain (Carlos Leal) et son attachante fille bâloise, les tourments infligées par un novice jaloux et ses sbires, heureusement contrebalancés par le soutien du prieur (Ulrich Tukur), sans oublier le cantonnement de soldats français – les 40 000 hommes que Napoléon fit passer par le col en mai 1800 sont réduits dans le film à une troupe de trente à quarante hommes. En bref, il se passe toujours quelque chose, mais rien de nature à effrayer vraiment les enfants en âge d'aller à l'école. Et la météo affiche presque constamment grand beau. Au cinéma, 125 000 petits et grands ont déjà tremblé pour le maître et son chien. Mais nul besoin de s’inquiéter: tout finit bien.
Andreas Furler
