r Wider than the Sky

Valerio Jalongo, Suisse, 2024o

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L’intelligence artificielle, l’IA, est à la fois une chance inédite, un risque énorme et même une illusion grandiose. Si nous avons le courage de regarder par-delà les algorithmes et les robots, les entreprises qui les développent et les mondes utopistes sombres qui se dessinent, nous découvrons alors bien plus qu’une simple prouesse technologique. Nous nous retrouvons face une énigme profondément humaine.

«Ameca, imagine-toi que mon cerveau interprète les insultes comme des compliments. Alors fais-moi plaisir!» Aussitôt, une tête robotique dotée d'une voix de femme se met à jurer d'un ton aimable. La charge satirique mise à part, la scène est sinistre et, en cela, représentative de l'approche de Valerio Jalongo dans son documentaire Wider Than the Sky. Conçu bien avant l'engouement pour ChatGPT, le film paraît étonnamment actuel. Jalongo souhaite prendre ses distances avec les discours portant sur une «intelligence artificielle» commercialisée, pour parler plutôt d'«intelligence collective»: le savoir sur lequel repose l'IA serait un patrimoine revenant à l'humanité, non une propriété privée. Pour étayer cette thèse, le réalisateur donne la parole à des sommités: le neurologue Antonio Damasio, l'artiste média Refik Anadol, Katrin Amunts du Human Brain Project, ou encore des chercheur·ses en robotique comme Will Jackson. La tête de robot Ameca assume le rôle de narratrice, guidant le·la spectateur·ice à travers les «étapes de la vie» technologique de l'IA. Un second fil conducteur suit la chorégraphe Sasha Waltz, dont les danseur·ses reflètent, par un jeu de répétitions et variations, les processus d'apprentissage neuronal. C'est de là que Jalongo tire sa thèse principale: si nous ne comprenons notre cerveau que de manière fragmentaire, comment pouvons-nous maîtriser la «boîte noire» des modèles d'IA actuels? Certains éléments se révèlent moins convaincants: l'esthétique rétro semble sortir d'un trip psychédélique des années soixante, la bande sonore souligne parfois excessivement la gravité de l'atmosphère, et le design sonore est par moments surchargé. Cela n'atténue en rien la puissance du film, inépuisable réservoir de questions sur une technologie qui pourrait transformer l'humanité plus profondément que n'importe quelle autre.

Michael Sennhauser

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Données du filmo

Genre
Documentaire
Durée
82 Min.
Langues originales
Anglais, Italien
Ratings
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ØVotre évaluation6,4/10
IMDB:
6,4 (11)
Cinefile-User:
< 3 votes
Critiques :
< 3 votes

Casting & Equipe techniqueo

Hany Farid
Sasha Waltz
Refik Anadol
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